HISTOIRES DE SAUREL

Dernière entrevue d’une série de 3 avec Guy Lambert pour Histoires de Saurel : la restauration

Sorel-Tracy, le 16 mai 2021 — Pour conclure sa série de trois entrevues avec Jocelyn Daneau, Guy Lambert s’est intéressé à un pan très vivant de l’histoire locale: la restauration à Sorel, de 1847 jusqu’à la fusion municipale de 2000. Un sujet qu’il connaît intimement, puisque ses parents ont tenu le restaurant Lambert pendant 43 ans.

Son travail de recherche l’a mené dans les journaux anciens, puis dans les bottins téléphoniques, afin de retracer les établissements qui ont marqué la ville. À ce jour, il a recensé environ 570 restaurants, et croit pouvoir en trouver près de 600. Les premiers lieux de restauration étaient surtout liés aux hôtels, installés près du Richelieu, où passaient marins, voyageurs et travailleurs.

Selon Guy Lambert, Sorel a toujours été une ville de restaurants. Ceux-ci servaient de lieux de rencontre, de discussion et de rassemblement familial. Le dimanche matin, bien avant la pandémie, aller déjeuner au restaurant faisait partie des habitudes locales.

La période de la guerre, puis surtout les années 1970 à 1990, ont été particulièrement prospères. Les emplois industriels bien rémunérés, une population plus jeune et un centre-ville animé favorisaient la fréquentation des restaurants. Plusieurs établissements se côtoyaient sur une même rue et réussissaient à bien vivre. Le « tour du carré », au centre-ville, ramenait les jeunes devant des adresses connues comme les restaurants Lambert, Dumont ou Braconnier.

La restauration soreloise a aussi connu beaucoup de roulement. Certains commerces ne duraient qu’un ou deux ans avant de changer de propriétaire ou de nom. D’autres, comme Boisvert, Roux, Lambert ou la cantine Loto, ont traversé les décennies grâce à une recette essentielle: la constance. Pour Lambert, la cantine Loto demeure une véritable institution soreloise, avec ses banquettes, ses prix abordables et son ambiance inchangée.

L’histoire compte aussi ses curiosités: restaurants aux noms étonnants, pizzerias apparues sous influence montréalaise, lieux où l’on servait discrètement de l’alcool après les heures permises, ou encore établissements combinant repas et spectacles. Ces anecdotes montrent à quel point les restaurants reflétaient leur époque.

Mais derrière la nostalgie, Guy Lambert rappelle la dureté du métier. Ses parents travaillaient parfois 18 heures par jour, dans un restaurant ouvert 24 heures sur 24. Pour réussir, il fallait être présent, surveiller les coûts, offrir un bon service et aimer profondément le public.

Au terme de ses recherches, il retient surtout l’admiration. Les restaurateurs, dit-il, sont des gens de passion, de sacrifices et de contact humain. À travers eux, c’est une partie de l’âme de Sorel qui se révèle: une ville fière, accueillante et attachée à ses lieux de rencontre.

Et voici quelques statistiques Québécoises (Source : Association des restaurateurs du Québec) :

Tableau de données 2018 sur l’industrie de la restauration: VENTES 13,6 milliards $, 20 737 établissements, 270 500 emplois, 109 600 emplois (-25 ans), 41,8% vs 58,2%, 257 faillites au Québec, 64,1% ratio des faillites au Canada, 898 611,27 $ débit et crédit annuels moyens, 39 538,90 $ bénéfice annuel moyen, 1,36 milliards $ TVQ perçue, 680 millions $ TPS perçus, 4,7 milliards $ achats alimentaires; et un graphique présentant les 3 critères principaux motivant le choix d’un restaurant dans les 5 prochaines années: qualité de la nourriture (84%), repas santé (58%), prix (57%), ambiance (43%), service rapide (18%), décor (6%), autres (1%).
Afficher plus

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page
Fermer

Un bloqueur de publicité a été détecté

Merci d'encourager nos supporteurs en les encourageant.