Mobilisation « À boutte » : le milieu communautaire réclame des actions immédiates
Le milieu communautaire de la MRC de Pierre-De Saurel lance un cri d’alarme. Confrontés à un sous-financement majeur, des dizaines d’organismes peinent à répondre à une demande croissante, dans un contexte où les besoins sociaux ne cessent de s’intensifier.
Sorel-Tracy, le 23 mars 2026 — Réuni sous la bannière du mouvement Le communautaire à boutte !, un comité local interpelle la population et les décideurs face à un sous-financement jugé préoccupant, qui fragilise directement les services offerts à la population.
Selon les données avancées, un manque à gagner de 9,4 millions de dollars est observé dans la région, compromettant la capacité des organismes communautaires en santé et services sociaux à remplir pleinement leur mission.
Une pression grandissante sur les organismes
En Montérégie, plus de 210 organismes communautaires ont adopté un mandat de grève, dans un réseau qui en compte 1 622 à l’échelle du Québec. Dans la région montérégienne seulement, ce sont plus de 700 organismes qui œuvrent quotidiennement auprès de la population, notamment pour lutter contre la pauvreté et l’isolement, offrir de l’hébergement et accompagner les personnes vulnérables.
« Dans notre région, il manque 9,4 millions de dollars par année pour répondre aux besoins. C’est énorme — et ça met directement nos services et la population à risque.
Ando Andrianady, directeur Général - Centre d'action bénévole du Bas Richelieu
Malgré ce rôle essentiel, les conditions de travail demeurent difficiles. La hausse du coût de la vie, combinée à l’augmentation constante des demandes d’aide, accentue la pression sur les équipes et les ressources disponibles.
« Le communautaire est à un point de rupture. Malgré des besoins en forte croissance, les réponses demeurent insuffisantes. Investir dans le communautaire, ce n’est pas une dépense : c’est un choix de société pour soutenir les plus vulnérables et bâtir un Québec plus humain. »
David McDermott, directeur général de la Maison des jeunes de Tracy « L’Air du temps »
Un pilier du filet social fragilisé
À l’échelle du Québec, les organismes communautaires sont considérés comme un pilier du filet social. Toutefois, l’absence d’un financement stable et suffisant compromet leur capacité d’action dans un contexte où les besoins ne cessent de croître.
« Nous sommes les chiens de garde de la société. Aujourd’hui, on tente de nous empêcher de jouer pleinement ce rôle — et c’est profondément préoccupant. »
Dominic Gosselin, coordonnateur d’Action logement Pierre-De Saurel
Dans ce contexte, le mouvement Le communautaire à boutte ! formule plusieurs revendications, notamment :
- des conditions de travail décentes pour les intervenants;
- un financement adéquat à la mission;
- une reconnaissance complète du rôle des organismes;
- la protection de leur autonomie et la fin du financement précaire;
- un engagement clair du gouvernement envers le modèle communautaire.
« Nous recevons 285 000 $ alors que le seuil minimal est de 900 000 $. Si le financement ne vient pas, nous devrons couper des services dès le 30 avril. On ne peut plus continuer à faire des miracles avec si peu. »
Marie-Josée Averill, directrice générale de La Porte du Passant
Une série de mobilisations prévues
Plusieurs actions sont prévues dans les prochains jours afin de sensibiliser la population et les autorités :
- 23 mars : conférence de presse à la Porte du Passant
- 24 mars : participation à l’émission La Tribune et rassemblement à la Maison des jeunes de Sorel
- 27 mars : mobilisation régionale à Longueuil
- 30 mars : marche vers le bureau du député Jean-Bernard Émond
- 2 avril : grand rassemblement à l’Assemblée nationale à Québec
La population est invitée à se joindre à ces actions pour appuyer le mouvement.
« Ça fait plus de 40 ans que nous attendons une véritable reconnaissance — pas seulement des paroles, mais les moyens concrets de remplir pleinement notre mission. »
Nicole Teasdale, directrice générale de Justice Alternative Pierre-De Saurel
Un front commun régional
Le comité local regroupe plusieurs organismes bien implantés dans la MRC de Pierre-De Saurel, dont Action-Logement, La Porte du Passant, la Maison des jeunes L’Air du Temps, le Centre d’action bénévole du Bas-Richelieu et la CDC Pierre-De Saurel, entre autres.
« La MRC appuie pleinement le mouvement. Je suis ici d’abord pour Massueville, mais surtout parce que cet enjeu concerne toutes les municipalités. Ce n’est pas seulement une question communautaire, c’est un problème provincial. Je suis donc présent pour offrir mon soutien, car c’est un dossier important à mes yeux. »
Richard Gauthier, maire de Massueville
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