Plan Climat : Entre la symbolique et le sous-sol inondé
Sainte-Anne-de-Sorel, 24 avril 2026 — Par Céryce Coutu — Le 22 avril, c’est le Jour de la Terre. Partout dans le monde, on multiplie les symboles et les promesses vertes. Mais mercredi dernier, au-delà de la symbolique, la MRC de Pierre-De Saurel a posé un geste qui n’a rien de virtuel: le lancement officiel de la démarche menant à son tout premier Plan Climat.
Si certains craignent encore de voir apparaître un énième «rapport tablette», le ton entendu lors de ce lancement avait une saveur différente. Celle de l’urgence pragmatique.
La fin de l’insouciance
Le directeur de l’aménagement à la MRC, Alexandre Fortin-Patoine, l’a rappelé avec une justesse brutale: le climat ne change pas que dans les livres ou aux nouvelles nationales. Il change ici, dans nos rues. Des vents violents de 2025 aux embâcles répétés de la Yamaska qui nous ont tenu en haleine ces deux derniers printemps, la nature ne nous envoie plus d’avertissements; elle nous envoie la facture.
Aujourd’hui, l’inaction coûte officiellement plus cher que l’action. Ce Plan Climat n’est donc pas une lubie environnementale, c’est une police d’assurance pour notre avenir.
L’honnêteté du « long terme »
J’ai été frappé par la franchise du préfet Vincent Deguise lors de notre entretien. En politique, on aime les résultats instantanés qui se découpent bien en rubans inauguraux. Pourtant, Deguise l’admet d’emblée: les résultats ne seront pas rapides. Ils prendront des années.
C’est rafraîchissant. On ne nous vend pas de la magie verte, on nous propose une armure. En s’engageant à mesurer nos émissions de gaz à effet de serre (GES) pour ensuite rendre des comptes, la MRC accepte de se mettre elle-même au défi. C’est la fin des excuses : on ne peut pas gérer ce qu’on ne mesure pas.
Le réalisme de la « ville-centre »
De son côté, le maire de Sorel-Tracy, Patrick Péloquin, apporte une dose de réalisme nécessaire. «On n’a pas la prétention de dire qu’on va changer le climat», m’a-t-il confié avec humour. On s’adapte. C’est là que le rôle de Sorel-Tracy devient crucial. En mettant l’expertise de son Bureau de l’environnement au service de toute la région, la ville-centre accepte enfin d’être la locomotive d’un train qui doit transporter les 12 municipalités de la MRC.
Le message est clair: ce n’est pas le Plan de la MRC contre l’économie régionale, c’est un « duo inséparable ». Pour protéger nos usines, nos commerces et nos champs, il faut que nos infrastructures soient prêtes à encaisser le choc des prochaines pluies torrentielles.
C’est votre tour
La MRC se donne un an pour bâtir cette colonne vertébrale. Mais attention: un plan dessiné uniquement dans des bureaux climatisés à Sorel ne vaudra jamais la réalité d’un agriculteur de Saint-Robert ou d’un citoyen de Saint-Ours.
C’est ici que vous entrez en jeu. Le sondage lancé cette semaine n’est pas un simple exercice de relations publiques. C’est le moment ou jamais de dire ce qui vous inquiète. Si vous voulez un plan qui vous ressemble et qui répond à vos vrais besoins, il faut prendre les cinq minutes nécessaires pour y répondre.
Nous avons le choix: préparer la transition pour en contrôler les contours, ou attendre qu’elle nous soit imposée par la prochaine crise. Pour moi, le choix est clair. Et pour vous?
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