PEQ : Québec rassure, mais la région réclame des garanties
Sorel-Tracy, le 24 février 2026 — L’abolition du Programme de l’expérience québécoise (PEQ) continue de faire réagir en région. À Sorel-Tracy, où plusieurs entreprises dépendent directement de la main-d’œuvre immigrante, la question dépasse la simple mécanique administrative.
Le député de Richelieu, Jean-Bernard Émond, défend la décision du gouvernement et affirme que le virage ne pénalisera pas les régions.
« L’abolition du PEQ ne signifie pas la fin des voies vers la résidence permanente. Le Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ) permet désormais de prioriser les travailleurs déjà présents au Québec, particulièrement en région. À ce jour, 69 % des invitations ont été transmises à des travailleurs temporaires à l’extérieur de Montréal et Laval (…) Le Québec agit sur les leviers qu’il contrôle afin d’assurer un équilibre entre les besoins économiques et notre capacité d’accueil. »
Jean-Bernard Émond, député de Richelieu
Le discours est structuré, chiffré, institutionnel. Sur papier, l’argument tient.
Mais dans les ateliers, les commerces et les établissements de santé, la réalité est moins théorique.
Le PEQ offrait une chose précieuse : la prévisibilité. Les employeurs savaient qu’un travailleur déjà formé et intégré pouvait accéder rapidement à la résidence permanente. Le PSTQ, lui, fonctionne par invitations, selon des priorités ajustables et des seuils variables. Cela introduit une zone d’incertitude que plusieurs entreprises régionales jugent risquée.
Le maire de Sorel-Tracy, Patrick Péloquin, l’a d’ailleurs exprimé clairement dans une entrevue publiée sur Sorel-Tracy Info :
« On va perdre des infirmières, on va perdre des ouvriers dans nos usines. C’est un drame. Chez certains entrepreneurs avec qui je discute, jusqu’au tiers de la main-d’œuvre provient de l’immigration. »
Patrick Péloquin, maire de Sorel-Tracy
La tension est là.
Québec invoque l’équilibre entre capacité d’accueil et besoins économiques. Les régions, elles, parlent de survie économique et de stabilité.
Le débat ne porte pas uniquement sur un programme remplacé par un autre. Il porte sur la capacité réelle des régions à retenir ceux qui sont déjà ici, intégrés, employés, enracinés.
Le gouvernement affirme favoriser les régions.
Les régions attendent maintenant des preuves concrètes.
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