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Un an après l’incendie de l’église de Saint-Ours : où en est le dossier ?

Sorel-Tracy, le 13 juillet 2026 — À l’approche du premier anniversaire de l’incendie qui a détruit l’église de Saint-Ours, le 17 juillet 2025, Sorel-Tracy Info est allé à la rencontre du maire Sylvain Dupuis afin de faire le point sur ce dossier qui a profondément marqué la communauté. Un an plus tard, où en sont les démarches, qu’adviendra-t-il des sépultures toujours présentes sous l’ancienne église et quelle vocation pourrait être donnée à ce site emblématique situé au cœur de la municipalité? Le maire répond à ces questions dans cette entrevue.

Le terrain où se dressait l'église de Saint-Ours, détruite par un incendie le 17 juillet 2025, est aujourd'hui entièrement dégagé.
Le terrain où se dressait l'église de Saint-Ours, détruite par un incendie le 17 juillet 2025, est aujourd'hui entièrement dégagé.

Philippe Manning : Un an après l’incendie, où en est le dossier ?

Sylvain Dupuis : Le 17 juillet dernier a été un véritable choc pour toute la communauté. Par la suite, il a fallu gérer plusieurs dossiers en parallèle, notamment les rencontres avec la Fabrique et l’évêché afin de déterminer les démarches à suivre. Les élections municipales sont aussi venues ralentir certains processus.

Au départ, nous souhaitions conserver une partie de l’église à titre symbolique. Malheureusement, les rapports d’ingénierie démontraient que la structure était trop dangereuse. À un moment donné, on ne peut pas aller à l’encontre des experts et des assurances. Il a donc fallu procéder au nettoyage complet du site.

Parallèlement, nous avons tenu à souligner le travail exceptionnel des pompiers. Onze services incendie sont venus prêter main-forte lors du sinistre. Nous avons remis un médaillon commémoratif à chacun d’eux en guise de reconnaissance. Un incendie d’église est un événement extrêmement rare et nous avons reçu une aide précieuse, notamment de Contrecœur et des municipalités voisines.

Maintenant que le terrain est dégagé, nous devons rencontrer la Fabrique afin de discuter sérieusement de l’avenir du site.


PM : On avait beaucoup parlé des sépultures situées sous l’église. Où en est cette question aujourd’hui ?

SD : Les sépultures sont toujours présentes sous le terrain. On retrouve notamment les sépultures des seigneurs de Saint-Ours, du premier jusqu’au dernier seigneur Armand. Il y aurait également entre une quarantaine et une quatre-vingtaine d’autres personnes inhumées, puisque le site servait autrefois de cimetière.

Cela signifie qu’on ne peut pas faire n’importe quoi avec cet emplacement. Contrairement à certaines rumeurs qui ont circulé, il n’est absolument pas question d’y construire des condominiums. Le lieu devra demeurer un espace commémoratif, dans le respect des personnes qui y reposent.

Nous attendions aussi que la Fabrique connaisse le montant des indemnités d’assurance afin d’évaluer les possibilités financières pour aménager ce terrain situé au cœur même du village. Aujourd’hui, cet espace représente une véritable cicatrice au centre de Saint-Ours.


PM : Est-ce que des éléments historiques ont pu être récupérés ?

SD : Très peu de choses ont pu être sauvées. Quelques plaques ont été récupérées, mais la majeure partie du patrimoine a malheureusement disparu avec l’incendie.

Avant le sinistre, un groupe travaillait justement à protéger l’église et son patrimoine. Une offre avait même été déposée auprès de l’évêque. Il existait une réelle volonté de préserver les lieux, de mettre en valeur les sépultures et de développer un projet à caractère historique et culturel, un peu à l’image de ce qu’on retrouve dans certaines villes européennes.

Aujourd’hui, tout est à recommencer. Il faudra voir si cet intérêt est toujours présent malgré la disparition de l’église.


PM : Avez-vous une vision plus précise de ce que pourrait devenir le terrain ?

SD : Pour l’instant, il y a plusieurs idées, mais rien n’est encore arrêté. J’ai communiqué avec le président de la Fabrique la semaine dernière pour lui dire qu’il serait temps de faire une mise à jour du dossier.

Plusieurs scénarios sont envisageables. On pourrait imaginer un parc commémoratif, un espace culturel, un site paysager ou encore un lieu de recueillement. Les possibilités sont nombreuses, mais il faudra du temps et surtout du financement.

Lorsqu’on touche au patrimoine et à la culture, il faut être patient. Les demandes d’aide financière prennent du temps et il faut commencer les démarches dès maintenant si l’on souhaite concrétiser un projet.


PM : Une petite chapelle pourrait-elle voir le jour ?

SD: C’est une possibilité parmi d’autres, mais rien n’est décidé. Il faudra d’abord connaître les intentions de la Fabrique et de l’évêché.

Il faut aussi regarder la réalité actuelle. Les grandes églises sont nombreuses à être vendues au Québec. À Saint-Ours, avant même l’incendie, la fréquentation était devenue très faible. Il y avait parfois une douzaine de personnes seulement aux célébrations et la vente de l’église était déjà envisagée.

Construire un nouvel édifice représente un investissement important, non seulement pour sa construction, mais aussi pour son entretien à long terme. Il faudra donc voir quelle orientation privilégieront les propriétaires du terrain et quelles seront les ressources disponibles.

Près d’un an après l’incendie qui a bouleversé Saint-Ours, aucune décision définitive n’a encore été prise quant à l’avenir du site. Une chose demeure toutefois certaine : les sépultures seront préservées et tout projet devra respecter la valeur historique et patrimoniale de cet emplacement emblématique au cœur de la municipalité.

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