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HISTOIRE ET PATRIMOINE

Du fort Richelieu à Pierre de Saurel et Catherine Legardeur : aux origines de Sorel

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Sorel-Tracy, le 1er novembre 2020 — Cette quatrième capsule de Histoires de Saurel réunit Jocelyn Daneau et Denis Saint‑Martin autour de pièces historiques rares qui éclairent les origines de Sorel. Saint‑Martin commence par évoquer Champlain à travers un livre de 1650 relatant son voyage de 1603, où il nomme pour la première fois la rivière des Iroquois. Il présente ensuite une carte de 1664, reproduction d’une matrice de cuivre datant possiblement de 1632, réalisée par le cartographe Duval à partir des réserves de Champlain. Bien que Champlain soit mort en 1635, cette carte demeure une œuvre authentique issue de sa matrice et reconnue internationalement comme la carte Duval‑Champlain.

Il enchaîne avec une gravure de 1647 représentant le jésuite Isaac Jogues, capturé en 1642 dans la région de Sorel, probablement dans les « îles de la Nore » fait probablement référence aux îles de Sorel. Jogues fut torturé, libéré, puis capturé une seconde fois et assassiné. Ces événements illustrent la dangerosité des déplacements à l’époque et expliquent pourquoi le jésuite Paul Le Jeune se rend en France en 1641 pour demander au roi l’autorisation d’ériger un fort. En 1642, le fort Richelieu est construit pour protéger voyageurs et missionnaires. Pour Denis Saint‑Martin, Paul Le Jeune est le véritable fondateur de ce qui deviendra Sorel, car sans sa demande, aucun établissement n’aurait été autorisé à cet endroit.

La pièce maîtresse de la capsule est un acte de concession daté du 9 mars 1673, considéré comme le premier document légal fondant la colonie de Sorel. Pierre de Sorel concède un terrain à Pierre Salvail, premier résident de la région. Saint‑Martin insiste sur la distinction entre l’installation d’un fort militaire en 1642 et l’établissement d’une colonie en 1673, qui implique des habitants, des routes, un moulin et des droits seigneuriaux. Le document est signé par le notaire royal Antoine Adhémar dit Saint-Martin, déjà présent dans la région, ce qui explique la rapidité des premières transactions au printemps 1673.

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Denis Saint‑Martin présente ensuite un contrat de 1699 signé par Catherine Legardeur, épouse de Pierre de Saurel, qui géra la seigneurie après la mort de son mari et la vendra plus tard au seigneur Ramsay. Ce document, bien que non notarié, possède pleine valeur légale et témoigne du rôle essentiel des femmes dans l’administration coloniale.

La capsule se conclut avec une réflexion sur l’orthographe du nom Sorel. Saint‑Martin montre des documents anciens où le nom apparaît sous différentes formes : S‑OR‑EL, S‑OR‑EL‑LE et SAU‑REL. Il souligne que la signature originale de Pierre de Sorel était SA‑U‑R‑E‑L et propose que la ville adopte cette orthographe historique, tout en reconnaissant officiellement 1673 comme date de fondation.

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