Sommet des partenaires : La MRC de Pierre-De Saurel pose le diagnostic de son Plan Climat et appelle à des « choix ambitieux »
Sorel-Tracy, le 15 octobre 2026 – « Quel est le coût de l’inaction ? » C’est avec cette question centrale que le préfet de la MRC de Pierre-De Saurel, Vincent Deguise, a ouvert le Sommet des partenaires du Plan Climat, qui s’est tenu le 15 octobre à l’Hôtel de la Rive. Réunissant près de 90 décideurs, agriculteurs, élus et représentants institutionnels, l’événement marquait une étape charnière : passer du simple constat environnemental à la définition d’actions concrètes pour le territoire.
Santé Québec, le Centre de services scolaire, l’Union des producteurs agricoles (UPA), le CTTEI, le Cégep de Sorel-Tracy et la Société de transport collectif (STC) comptaient parmi les nombreuses organisations représentées. Tous étaient rassemblés autour d’une même urgence : faire des choix stratégiques face à des changements climatiques dont les impacts se font déjà ressentir à l’échelle locale.
« On sait que le climat va changer et qu’il a des conséquences sur nos infrastructures, nos activités économiques, notre milieu de vie et la santé de la population, dit Vincent Deguise. On n’a plus le luxe de considérer ces enjeux comme des préoccupations lointaines. Ça ne concerne pas juste les générations futures; les conséquences sont déjà présentes chez nous. »
208 risques climatiques recensés, dont 26 très élevés
Lors de ce sommet, Alexandre Fortin-Patoine, directeur des Services de l’aménagement, de l’environnement et du développement durable à la MRC, a présenté le rapport préliminaire sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) ainsi que l’évaluation des vulnérabilités régionales.
Le diagnostic scientifique met en lumière au moins 208 risques climatiques à traiter sur le territoire, dont 26 sont classés comme « très élevés ». Parmi les vulnérabilités les plus préoccupantes, on note la santé des personnes aînées lors de vagues de chaleur extrême de plus en plus fréquentes et prolongées, de même que l’érosion des berges et les épisodes de pluies abondantes qui menacent les infrastructures urbaines et les terres agricoles.
Le rapport confirme également que les émissions de GES par habitant dans la MRC dépassent la moyenne québécoise. Un constat qui s’explique principalement par l’importante empreinte industrielle de la région et par l’omniprésence du transport routier.
Concilier économie et transition écologique
Loin de poser un regard défaitiste sur ces chiffres, les dirigeants de la MRC y voient une occasion d’innovation économique. Vincent Deguise a rappelé que plusieurs entreprises du secteur privé se sont déjà engagées dans des démarches de décarbonation, d’économie circulaire et de symbiose industrielle.
« On n’a pas à opposer l’environnement au développement économique, a affirmé le préfet. On doit chercher à concilier les deux et bâtir un territoire durable et résilient. Le Plan Climat doit devenir un outil qui influence nos décisions, oriente nos investissements et nous aide à faire des choix cohérents pour l’avenir. »
En matière de mobilité, la MRC compte notamment s’appuyer sur le développement de la Société de transport collectif de Pierre-De Saurel (STC) pour offrir des alternatives concrètes à la voiture solo, soulignant que la population répond positivement lorsque les services sont adaptés aux besoins réels.
Prochaines étapes : La parole aux citoyens
Après cette journée de travail intensif visant à élaborer une première liste d’actions d’atténuation et d’adaptation, la démarche de la MRC se tournera vers le grand public.
En décembre prochain, des rencontres de consultation seront organisées avec les citoyens et les élus municipaux pour enrichir le diagnostic. La version finale du Plan Climat, entamé au printemps 2026, doit être officiellement adoptée par le Conseil de la MRC en mars 2027.
« J’aimerais qu’on sorte d’ici avec plus que des idées. On a des choix à faire, et j’aimerais qu’on fasse des choix ambitieux, a conclu Vincent Deguise. La question fondamentale reste : quel territoire voulons-nous léguer et quelles décisions sommes-nous prêts à prendre pour y arriver? »















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