Consigne 2027 : Sorel-Tracy Info interpelle Québec sur l’avenir de l’usine de verre
La possibilité d’un nouveau report de l’élargissement de la consigne au Québec soulève des interrogations sur l’avenir du projet d’usine de conditionnement du verre annoncé à Sorel-Tracy. Sorel-Tracy Info a officiellement demandé au ministère de l’Environnement de préciser les intentions du gouvernement et les répercussions possibles sur cet investissement industriel.
Sorel-Tracy, le 6 novembre 2026 — L’élargissement de la consigne aux contenants de verre et multicouches, prévu pour le 1er mars 2027, pourrait de nouveau être reporté par le gouvernement du Québec. Une perspective qui soulève des questions dans la région de Sorel-Tracy, où Consignaction a annoncé, il y a moins d’un mois, un important projet d’usine de conditionnement du verre, en collaboration avec Machinex.
À la suite d’informations publiées le 4 novembre par le Journal de Québec, évoquant un possible report de deux à trois ans, voire un abandon de cette dernière phase de la réforme, Sorel-Tracy Info a adressé une demande officielle au ministère de l’Environnement afin d’obtenir des précisions sur les intentions gouvernementales et les conséquences possibles pour le projet industriel sorelois.
Selon les informations rapportées, trois scénarios seraient envisagés : maintenir l’échéancier actuel, reporter l’élargissement ou renoncer à l’ajout de certaines catégories de contenants. Le gouvernement n’a toutefois pas confirmé publiquement de changement au calendrier réglementaire.
Le site officiel de RECYC-QUÉBEC indique toujours que les contenants de boissons en verre, notamment les bouteilles de vin et de spiritueux, ainsi que les contenants en carton multicouche, seront intégrés au système de consigne à compter du 1er mars 2027.
Une usine annoncée à Sorel-Tracy le 7 octobre dernier
Le 7 octobre, l’Association québécoise de récupération des contenants de boissons (AQRCB), qui exploite la marque Consignaction, annonçait la construction d’une nouvelle usine de conditionnement du verre à Sorel-Tracy.
Le projet, évalué à quelque 60 millions de dollars, doit être réalisé avec la collaboration de Machinex, une entreprise de Plessisville qui agira comme équipementier et intégrateur technologique. L’installation sera construite à proximité des activités actuelles de Machinex à Sorel-Tracy.
Cette nouvelle infrastructure doit permettre de traiter au Québec le verre provenant du réseau de consigne, afin qu’il puisse être refondu et réutilisé principalement dans la fabrication de nouveaux contenants.
Consignaction souhaite ainsi favoriser l’émergence d’une filière québécoise de recyclage dite « bouteille à bouteille », un modèle d’économie circulaire visant à transformer les matières récupérées en nouvelles ressources industrielles.
L’organisme prévoit devoir gérer environ 125 000 tonnes de verre dès 2027, un volume qui pourrait éventuellement atteindre 175 000 tonnes annuellement.
Ces prévisions reposent notamment sur l’arrivée des bouteilles de vin et de spiritueux dans le réseau de consigne. Un changement important au calendrier pourrait donc modifier les volumes de matières disponibles au cours des premières années d’exploitation.
Sorel-Tracy Info demande des précisions officielles
Dans sa démarche auprès du ministère de l’Environnement, Sorel-Tracy Info cherche d’abord à savoir si le gouvernement maintient officiellement l’échéance du 1er mars 2027.
Le média régional demande également si un report, une modification du calendrier ou un abandon partiel de cette troisième phase est actuellement envisagé.
Une attention particulière est portée aux conséquences économiques et industrielles que pourrait entraîner une telle décision pour le projet d’usine annoncé à Sorel-Tracy.
Le ministère a notamment été invité à préciser si le gouvernement avait évalué les répercussions possibles d’un report sur cette infrastructure et, advenant une modification de l’échéancier, à quel moment une décision serait rendue publique.
Sorel-Tracy Info a demandé une réponse écrite officielle, attribuable au ministère ou au cabinet ministériel, afin de pouvoir informer la population régionale des intentions réelles du gouvernement.
La rentabilité de la consigne également au cœur des préoccupations
Plusieurs médias ont également rapporté les préoccupations soulevées quant à la rentabilité du système de consigne, particulièrement en ce qui concerne la récupération et le traitement du verre.
Selon des informations publiées par le Journal de Québec, certains intervenants de l’industrie estiment que l’amélioration des capacités de récupération et de recyclage du verre au Québec pourrait remettre en question les avantages de la consigne par rapport à la collecte sélective.
Les coûts de collecte, de transport et de conditionnement, ainsi que la capacité des infrastructures existantes à répondre aux besoins, alimentent désormais les discussions sur la pertinence économique de cette nouvelle phase.
Le projet de Sorel-Tracy n’échappe pas à ces interrogations. Le 23 octobre, le Regroupement pour l’efficacité du recyclage du verre du Québec soutenait publiquement que des entreprises québécoises disposent déjà d’installations capables de traiter d’importantes quantités de verre, remettant ainsi en question la nécessité d’une nouvelle usine.
Consignaction défend pour sa part son investissement, affirmant que la création d’une nouvelle capacité de conditionnement demeure nécessaire pour sécuriser le traitement des volumes anticipés et permettre le développement d’une véritable filière québécoise de recyclage du verre.
Ces positions divergentes illustrent la complexité du dossier, où les objectifs environnementaux doivent également être examinés à la lumière des coûts du système et de la viabilité des investissements industriels.
Au-delà de l’échéancier gouvernemental, c’est donc l’équilibre entre les bénéfices environnementaux, la rentabilité économique et la stabilité des projets industriels qui se retrouve au cœur du débat.
Un enjeu économique qui dépasse la seule question du recyclage
À Sorel-Tracy, l’annonce de cette nouvelle installation s’inscrit dans une stratégie plus large de développement d’activités industrielles liées à la récupération et à la valorisation des matières.
La région possède déjà une expertise dans ce domaine, notamment grâce aux activités de conditionnement de contenants consignés et à la présence d’entreprises spécialisées dans les technologies de tri.
Un éventuel report de deux ou trois ans ne signifierait pas nécessairement l’abandon du projet d’usine. Il pourrait toutefois soulever des questions concernant son calendrier de réalisation, les volumes de verre disponibles, les coûts d’exploitation anticipés et les ajustements qui pourraient être nécessaires.
Pour l’instant, aucune information officielle ne permet d’établir les conséquences précises d’un tel scénario sur le projet de Sorel-Tracy.
La stabilité du cadre réglementaire constitue néanmoins un facteur important pour les entreprises appelées à investir dans des équipements et des infrastructures dont les activités sont liées à la mise en œuvre des politiques gouvernementales.
Une décision gouvernementale attendue
La troisième phase de la modernisation de la consigne devait initialement entrer en vigueur en mars 2025, avant d’être repoussée de deux ans.
La possibilité d’un nouveau report survient alors que des investissements industriels ont déjà été annoncés et que les acteurs du secteur se préparent à intégrer de nouvelles catégories de contenants.
Dans le cas de Sorel-Tracy, une question demeure particulièrement importante : quelles conséquences une modification du calendrier gouvernemental pourrait-elle avoir sur un investissement industriel annoncé précisément pour répondre aux besoins de cette réforme?
Sorel-Tracy Info attend maintenant les précisions officielles du ministère de l’Environnement et poursuivra le suivi de ce dossier, dont les décisions pourraient avoir des répercussions directes sur le développement économique régional.
Sources : Ministère de l’Environnement du Québec; RECYC-QUÉBEC; Consignaction, communiqué du 7 octobre 2026; Journal de Québec, 4 novembre 2026; TVA Nouvelles, 13 et 23 octobre 2026; démarche journalistique de Sorel-Tracy Info, 6 novembre 2026.













