Les filles du roi et le patrimoine vivant de Saint‑Roch-de-Richelieu
Saint-Roch-de-Richelieu, le 13 février 2022 — Pour cette émission de Histoires de Saurel, l’équipe se déplace à Saint‑Roch-de-Richelieu, un territoire riche d’histoires humaines et patrimoniales. L’épisode s’ouvre avec Louise Biron, chercheuse et autrice, qui présente le rôle crucial des filles du roi dans le développement des seigneuries de la région, notamment Saint‑Ours, Sorel et Contrecœur. Ces femmes, envoyées en Nouvelle‑France entre 1663 et 1673, avaient pour mission de soutenir la colonisation en stabilisant la population masculine, largement composée de soldats du régiment de Carignan. Comme le rappelle Biron, « Louis XIV […] va payer pour le recrutement, payer pour la traversée et payer pour l’installation des filles du roi ».
Parmi les près de 800 filles du roi, 56 se sont établies dans les seigneuries de la région. À Saint‑Ours, leur présence est particulièrement marquante : 15 s’y sont installées, dont 12 ont épousé des soldats du régiment de Carignan, un phénomène unique comparé aux autres seigneuries. Biron raconte notamment l’histoire de Marie Mulois, arrivée en 1665, instruite et issue d’une noblesse appauvrie. Elle épousa Pierre de Saint‑Ours, futur seigneur, avec qui elle eut 11 enfants. Leur union marque le début d’une lignée importante pour la région.
L’entrevue met aussi en lumière Denise Antoine, arrivée en 1670 et mariée seulement trois mois plus tard à un soldat, puis remariée après les incursions iroquoises. Elle vécut jusqu’à 80 ans, un âge remarquable pour l’époque. Biron souligne que plusieurs filles du roi de Saint‑Ours ont atteint un âge avancé, malgré les conditions difficiles : « À Saint‑Ours, ça a été plus loin. 80‑85, c’est pas rare » .
L’histoire de Marie‑Rose Conan clôt cette première partie. Mariée à un soldat de la compagnie de Sorel, elle eut une descendance notable, dont Joseph Desrosiers dit Desrosiers, à qui fut concédée la seigneurie de Guérin. Fait fascinant : Joseph avait deux grands‑mères filles du roi et deux grands‑pères soldats.
La deuxième portion de l’émission donne la parole à Luc Noppen, historien chevronné du patrimoine religieux. Il présente l’exposition consacrée à Victor Bourgeau, architecte majeur du XIXᵉ siècle, et à l’église de Saint‑Roch. Noppen explique que Bourgeau, malgré son analphabétisme, concevait des églises en collaboration avec des équipes compétentes et des mécènes influents, dont Madame de Saint‑Ours, qui a commandé l’église actuelle. L’édifice, construit en brique, se distingue par son style néo‑gothique adapté à la tradition locale, ses contreforts et son clocher élancé. Noppen insiste sur l’importance de préserver ce patrimoine : « Le patrimoine se fait par la base […] il faut que les gens de Saint‑Roch prennent conscience de l’intérêt du bâtiment » .
Enfin, la capsule archivistique démontre comment effectuer une recherche sur le Réseau de diffusion des archives du Québec (RDAQ), un outil essentiel pour quiconque s’intéresse à l’histoire locale. On y retrouve des fonds liés à Saint‑Roch, conservés notamment à la Société historique Pierre‑de‑Saurel.














