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Entre météo capricieuse et technologie, la saison des sucres bat son plein à la Ferme JN Beauchemin et Fils

Saint-Ours, le 10 mars 2026 — À Ferme JN Beauchemin et Fils, la saison des sucres est bien lancée. Entre les boisés où coulent les érables et l’évaporateur où l’eau devient sirop, les journées commencent tôt et se terminent tard. À la tête de la production, Yvan Beauchemin observe depuis plusieurs années les changements qui touchent l’acériculture, autant du côté de la météo que des technologies utilisées en érablière.

Yvan Beauchemin, Ferme JN Beauchemin et Fils. Crédit photo : Philippe Manning / Sorel-Tracy Info
Yvan Beauchemin, Ferme JN Beauchemin et Fils. Crédit photo : Philippe Manning / Sorel-Tracy Info

Selon lui, les variations de température font désormais partie du quotidien des producteurs. « On voit des sauts d’humeur dans la température. Des journées chaudes, puis ça retombe plus frais pendant quelques jours. Ce n’est pas complètement nouveau, mais on dirait que les écarts sont plus fréquents. »

La semaine prochaine, par exemple, les températures devraient osciller entre 11 et 16 degrés après des journées plus fraîches. Ce type de variation peut influencer la coulée de l’eau d’érable et le rythme de production.

« Quand il fait chaud trop longtemps, les érables se réveillent plus vite. Ils aiment ça au début, mais après ça ils peuvent finir par s’essouffler. »

Même si plusieurs associent ces phénomènes aux changements climatiques, le producteur préfère rester prudent avant de tirer des conclusions. « On pourrait croire que ça a un rapport avec le changement climatique, mais ça prend des années avant de faire des moyennes. Quand on regarde la saison complète, ça revient souvent sensiblement à la même chose. »

Si la météo demeure imprévisible, une autre transformation est bien réelle dans les érablières : la technologie. Au cours des dernières années, les équipements ont évolué rapidement et permettent aujourd’hui d’optimiser la production.

« Il y a cinq ans, on n’aurait pas cru ce qu’on est capables de faire aujourd’hui. Et j’ai l’impression que dans cinq ans, on ne croira pas non plus où on sera rendus. »

Cabane à sucre de la Ferme J. N. Beauchemin et Fils. Crédit photo : Philippe Manning / Sorel-Tracy Info
Cabane à sucre de la Ferme J. N. Beauchemin et Fils. Crédit photo : Philippe Manning / Sorel-Tracy Info

Les installations modernes reposent sur un ensemble d’équipements spécialisés : osmoseurs, pompes plus puissantes, réseaux de tubulures et détecteurs installés dans les boisés pour surveiller les lignes.

« Tout est technologique maintenant. Les fournaises, l’osmose, les détecteurs dans les boisés. Partout où on peut améliorer la précision et la performance, on le fait. »

Le système de vacuum est également au cœur de la production. Chaque détail peut avoir un impact sur le rendement.

« À chaque fois que tu perds une livre de vacuum, tu perds environ cinq pour cent de rendement. Alors on surveille ça constamment avec des cadrans et des détecteurs de fin de ligne. »

Malgré ces innovations, l’acériculture demeure un travail exigeant et très physique. Avant même que l’évaporateur commence à bouillir, une grande partie de la journée est consacrée à l’entretien des équipements.

« Tous les matins, on lave les bassins et les équipements. C’est environ quatre heures de lavage. Si tu ne fais pas ça, les dépôts peuvent brûler et donner un goût au sirop. »

Les journées commencent souvent avant l’aube afin que tout soit prêt pour la production. Dans les boisés, il faut également surveiller les lignes afin de détecter les fuites d’air qui pourraient réduire l’efficacité du système.

À la Ferme J. N. Beauchemin, l’acériculture demeure avant tout une affaire de famille. Plusieurs proches participent aux différentes étapes du travail, que ce soit dans les érablières, à la cabane à sucre ou pour la distribution des produits.

Jean-Michel Beauchemin (fils de Michel Beauchemin), Jean-Noël Beauchemin, patriarche de la famille Beauchemin, et Yvan Beauchemin. Crédit photo : Philippe Manning / Sorel-Tracy Info
Jean-Michel Beauchemin (fils de Michel Beauchemin), Jean-Noël Beauchemin, patriarche de la famille Beauchemin, et Yvan Beauchemin. Crédit photo : Philippe Manning / Sorel-Tracy Info

Le père d’Yvan, Jean-Noël Beauchemin, aujourd’hui âgé de 85 ans, demeure une figure importante de l’entreprise. « Mon père est né là-dedans. Il vient encore nous voir souvent. C’est lui qui a bâti tout ça. »

« Je bois toujours ma canne de sirop chaque semaine depuis longtemps. À 85 ans, on pourrait presque dire que c’est un élixir de santé. Pourquoi s’en priver ? »

La production varie évidemment d’une année à l’autre selon les conditions météo. Pour la saison actuelle, la famille espère produire environ 2 500 gallons de sirop, avec l’espoir d’atteindre les 3 000 gallons si les conditions demeurent favorables.

Une partie du sirop produit à la ferme est vendue localement, notamment à la Boucherie IGA du secteur, qui l’utilise entre autres pour la fabrication de saucisses à l’érable.

La ferme offre également d’autres produits, dont de la viande Angus, ainsi qu’un service de livraison à domicile pour sa clientèle locale.

« On ne cherche pas à avoir une énorme clientèle. On veut surtout servir des gens qui aiment nos produits et qui reviennent année après année. »

Pour la famille, l’acériculture demeure avant tout une passion autant qu’un métier. « Il faut que ce soit rentable, bien sûr, mais c’est surtout un plaisir de faire ça et de desservir nos clients. »

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