Débat dans Richelieu : les quatre candidats s’affrontent sur l’économie, la santé et l’avenir de la région
Sorel-Tracy, le 23 septembre 2026 – C’est devant un auditoire attentif au Cégep de Sorel-Tracy et en direct sur les ondes de CJSO que les quatre candidats de la circonscription de Richelieu ont croisé le fer, le 22 septembre dernier. Animé par Guillaume Couture, ce débat d’un peu plus de deux heures a permis à Jean-Bernard Émond (CAQ), Jocelyn Desjardins (PQ), Julien Bergeron (QS) et Gilles Delorme (PLQ) d’exposer leurs visions sur huit enjeux prioritaires pour la région.
Économie et emploi : protéger nos acquis et relancer le naval
Dans une région considérée comme la capitale québécoise de l’acier, la menace des tarifs douaniers américains a ravivé la nécessité de soutenir l’économie locale. Pour y faire face, les candidats prônent tous l’achat local, mais avec des angles différents.
Jocelyn Desjardins (PQ) insiste pour que le gouvernement s’approvisionne prioritairement au Québec : « Il faut de l’acier d’ici dans tout ce que Québec bâtit. Le Saguenay défend son aluminium, moi je souhaite qu’on fasse la même chose avec l’acier et qu’on ait une association québécoise de l’acier. Je vais me battre pour ça. »
De son côté, Julien Bergeron (QS) propose une « Provision Trump » de 2 milliards $ pour soutenir les entreprises affectées, tandis que Gilles Delorme (PLQ) privilégie une baisse de la fiscalité des PME (de 11 % à 10 %). Le député sortant Jean-Bernard Émond (CAQ) promet quant à lui de poursuivre le soutien déjà amorcé, rappelant les investissements majeurs annoncés pour les infrastructures maritimes locales afin d’attraper la balle au bond avec les récents contrats fédéraux de construction navale.
Transports et santé : désengorger nos réseaux
Les problèmes récurrents de la traverse Sorel-Tracy–Saint-Ignace-de-Loyola, la réfection de l’autoroute 30 et les retards du pont Turcotte ont alimenté les échanges. Les trois candidats de l’opposition ont exigé des garanties pour le retour permanent de deux navires à la traverse.
En santé, malgré les investissements récents à l’Hôtel-Dieu de Sorel (dont l’arrivée de l’IRM), l’achalandage record à l’urgence et le manque de médecins de famille demeurent criants.
Sur la création de Santé Québec, Jean-Bernard Émond (CAQ) se montre confiant : « Moi, j’ai tendance à vouloir donner une chance à Santé Québec. » Il a également rappelé la hausse de 64 % du budget de la santé sous la CAQ. Ses adversaires prônent plutôt la décentralisation. QS propose 400 points d’accès régionaux avec des équipes multidisciplinaires, alors que le PLQ mise sur la plateforme de télésanté et l’immigration spécialisée pour soulager la surcharge du personnel.
Éducation, famille et environnement : financer les bases
Alors que les besoins scolaires augmentent, notamment à Contrecoeur et à Sorel-Tracy, Jean-Bernard Émond s’engage à répondre présent pour la construction des nouveaux établissements.
Pour soulager le portefeuille des familles de la région face au coût de la vie, Jocelyn Desjardins (PQ) rappelle l’importance de soutenir le réseau de la petite enfance : « Nos enfants, c’est notre pépite comme société. Et nos CPE, services de garde, haltes-garderies, ce sont les fondations de la fabrique sociale. Et ces fondations sont lézardées parce qu’on ne met pas assez d’argent dans l’éducation de nos enfants. »
Face aux aléas climatiques et aux épineux dossiers industriels locaux — comme les émanations de poussière de l’entreprise Richardson —, Julien Bergeron (QS) propose un fonds d’urgence environnemental de 500 millions $ pour les municipalités.
Communautaire et itinérance : prévenir plutôt que guérir
La hausse visible de l’itinérance et la pression accrue sur le réseau communautaire ont donné lieu à des échanges percutants. Alors que la CAQ défend avoir doublé le budget global aux organismes, Gilles Delorme (PLQ) appelle à l’unité transpartisane : « Je pense qu’on devrait tous être d’accord, sans partisanerie, que l’itinérance est un problème collectif majeur. Alors ne devrait-on pas s’associer pour trouver des solutions communes? »
Pour Julien Bergeron (QS), il faut s’attaquer à la racine du problème en encadrant les loyers et en créant des épiceries publiques : « L’itinérance, ce n’est pas une fatalité. C’est le résultat normal du système capitaliste. Il va y avoir des gens qui sont poussés de plus en plus en bas de l’échelle. […] C’est pour ça qu’il faut agir en amont. »
Gouvernance : quel est le vrai rôle d’un député?
Le débat s’est conclu sur une vive joute autour du bilan de 50 réalisations publié par le député sortant. Qualifié de bilan « emprunté » par le candidat péquiste, Jean-Bernard Émond s’est fermement défendu : « J’entends ce que vous dites. Je trouve ça non seulement réducteur, mais un peu insultant pour toutes les personnes qui ont travaillé sur ces dossiers. […] J’ai eu un rôle à jouer dans toutes ces décisions-là et ça a été fait en collaboration. »
Rappelant l’importance d’instaurer un climat de concertation régionale, la course dans Richelieu entre maintenant dans sa dernière droite avant le scrutin.
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